Agence d'Urbanisme et d'Energie de la Corse

La ressource en eau, nouveau défi des établissements de santé corses


Le 21 juillet à Aiacciu, l'Agence d'Urbanisme et d'Énergie de la Corse (AUE), l'ARS de Corse et l'Office d'Équipement Hydraulique de Corse (OEHC) réunissaient les établissements sanitaires et médico-sociaux de l'île pour une matinée d'échanges sur la ressource en eau, dans le cadre de la mission de Conseiller en Transition Énergétique et Écologique en Santé (CTEES). Contexte insulaire, enjeux sanitaires, solutions concrètes et dispositifs d'accompagnement : tour d'horizon d'une ressource devenue stratégique.

Une ressource sous tension sur une « montagne dans la mer »

La Corse cumule les fragilités. Île montagneuse au coeur de la Méditerranée, le « hot spot » du changement climatique, elle voit ses précipitations devenir plus irrégulières et diminuer, son manteau neigeux reculer et ses nappes se recharger plus difficilement, tandis que s'accroissent les risques de sécheresse et d'incendie. Autant de signaux qui font de l'eau une ressource à ménager. Chiara Puddori, pour l'OEHC, a rappelé l'ampleur du réseau hydraulique insulaire géré par l'Office (onze barrages, plus de 3 000 kilomètres de canalisations) et la stratégie 2022-2035 engagée « vers une gestion de l'eau sobre et résiliente ». Dans ce paysage, les établissements de santé, gros consommateurs, ont tout intérêt à anticiper.

Économiser l'eau sans jamais transiger sur la sécurité sanitaire

C'est le fil conducteur porté par Maya Mediouni (ARS de Corse) : la sobriété ne peut se construire qu'en même temps que la prévention. Maîtrise du risque légionelles, surveillance de la qualité de l'eau, encadrement strict de la réutilisation des eaux non potables (arrosage, nettoyage des sols, évacuation) chaque économie doit respecter un cadre sanitaire exigeant. Un équilibre d'autant plus d'actualité qu'une expérimentation nationale ouvre la voie à de nouveaux usages d'eaux non potables, sous contrôle renforcé. Le message est clair : réduire ses consommations, oui, mais jamais au détriment de la santé des patients et des résidents.

Dix actions, des résultats déjà concrets

Comment passer à l'action ? Camille Devroedt (ANAP) a présenté un plan de sobriété hydrique en dix actions, du diagnostic initial jusqu'à la réutilisation de l'eau, fondé sur des retours d'expérience d'établissements particulièrement parlants. Le CHU de Poitiers a économisé 490 000 m³ d'eau en cinq ans, soit près de 400 000 € par an, en pilotant sa gestion de l'eau comme un véritable système de management. Le CH de Toulon a réduit de 97 % l'arrosage de ses espaces verts. Le CHRU de Nancy a divisé par trente la consommation de ses douches grâce à une technologie hydro-moléculaire. La recette tient en quelques principes : commencer par les économies faciles (chasse aux fuites, réglages), mesurer avant d'agir, et mobiliser les équipes dans cette démarche.

Formation, financement, accompagnement : les établissements ne sont pas seuls

C'est sans doute le message le plus utile de la matinée : trois leviers sont mobilisables dès aujourd'hui. La formation, avec un module dédié de trois jours à la gestion de l'eau en établissement, présenté par Joïce Caron (ANFH). Le financement, avec le 12ᵉ programme de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse : 520 M€ d'aides par an, en hausse de 25 % par rapport au programme précédent, et des taux de 40 à 60 % pour les projets d'économie d'eau. Et l'appui technique de proximité de l’OEHC et du CTEES, porté par l'AUE : un double diagnostic eau et energie ainsi que des visites énergie gratuites débouchant sur un rapport de recommandations concrètes, du geste immédiat sans coût aux travaux de plus long terme.

Téléchargez la présentation diffusée lors du colloque


Prochains rendez-vous

Deux échéances à noter d'ici la fin de l'année : la parution d'un livret des réglementations énergétiques à jour, et le lancement durant l'hiver d'une campagne d'instrumentation des établissements sur la qualité de l'air intérieur.
 
Les établissements sanitaires et médico-sociaux souhaitant être accompagnés peuvent d'ores et déjà se rapprocher de la CTEES de l'AUE pour un accompagnement personnalisé.
Contact : carla.goalard@isula.corsica ou 06 47 25 71 56